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Des paroles aux actes !

 

Le premier colloque Air organisé par Adebiotech a montré les enjeux économiques et sociaux liés à la pollution de l’air, l’impact sur la santé publique mais aussi la profusion d’initiatives publiques et privés, selon des modalités diverses, dans la recherche et le développement de solutions pour mieux maîtriser, mieux évaluer et mieux comprendre les mécanismes sous-jacents.

Il n’en demeure pas moins que la qualité de l’air intérieur (QAI)  est le parent pauvre de ces enjeux : en effet, ni l’implication du Législateur, ni les valorisations nécessaires vers les décideurs, ni même la pression du grand public ne permettent aujourd’hui de dire que l’on s’engage résolument dans l’action !

La pollution de l’air est un enjeu de santé publique ; les différentes études, notamment celles exposées lors de la première édition du Colloque, ne laisse « planer » aucun doute et l’estimation en termes de décès et de coût pour la société sont assez bien explicites.

Lorsque l’on aborde les effets de cette pollution de l’air dans nos environnements (que ce soit un habitat ou un habitacle, comme la voiture), nous manquons cruellement d’expérimentations, d’études, de modélisations et de bonnes pratiques à mettre en œuvre. Pourtant la bibliographie internationale nous indique, que pour les seuls contaminants microbiologiques (essentiellement sur les formes fongiques) et chimiques (COV), des effets sur la Santé sont démontrés à court et long terme. L’hétérogénéité des situations, des environnements intérieurs est un facteur qui rendent complexe les interprétations, les relations doses-effets entre autres. Il n’en demeure pas moins que des méthodes et des outils de mesure sont capable de nous permettre des évaluations et des tendances.

Certes, les référentiels HQE, BREAM et autres référentiels QAI existent, certes des groupes de travail (notamment à l’Afnor) planchent sur des évolutions normatives, des CME (Conseillers Médicaux en Environnements) se mettent en place, il n’en demeure pas que l’essentiel n’est pas suffisamment abordé : citons une réglementation ventilation/aération obsolète, une règle du jeu immobilière qui ne valorise que très peu la QAI, un manque cruel de concertation ou tout du moins d’une plateforme nationale intégrant tous les acteurs de la QAI et probablement un manque de financement par rapport à la pollution de l’air extérieur.

On admet raisonnablement l’impact d’une mauvaise QAI sur le confort des salariés ou du public dans les milieux confinés (climatisés ou non). Ajoutons à cela, que bien souvent nos environnements de travail ont recours à du recyclage de l’air, qui peut dans certaines conditions être vecteur de contamination. On constate que, dans les faits, l’enjeu de réduction des consommations énergétiques priment sur le reste et phagocytent la place de la QAI dans l’approche immobilière au sens large.

Ainsi, lorsque nous sommes exposés à un risque chimique ou biologique, dans le cadre du travail le Législateur a mis en œuvre toute une série de réglementations et d’obligations. Mais nous sommes en droit de nous interroger sur l’impact du « cocktail chimico-biologique » que nous respirons dans tous les autres environnements que nous fréquentons (appartement, véhicules, transports,).

N’y a-t-il pas là une similitude avec une exposition professionnelle telle que définie dans le Code du travail par exemple ?

Nous sommes dans un temps où la Norme, la Réglementation sont décriées car associées à un frein au développement. C’est bien sûr une analyse simpliste (on imaginerait pas de supprimer les normes régissant la sécurisation des véhicules par exemple) mais dans le cas de la QAI, ce n’est pas tant la norme qui pose problème mais bien la capacité à envisager des solutions basées sur des effets incitateurs (ne pas punir mais récompenser !), sur l’éducation (citons le concept d’éco-écoles où l’environnement est au centre de l’apprentissage des plus jeune et où la sensibilisation à la QAI trouverait sa place), sur les missions des acheteurs publics et privés (dont souvent la rémunération est basée sur les gains financiers réalisés et beaucoup moins sur les gains environnementaux), sur les acteurs politiques qui doivent inciter les investisseurs, les gestionnaires patrimoniaux par des mécanismes novateurs capables de privilégier du qualitatif au quantitatif

Rien ne se créé, rien ne se perd, tout se transforme : cette devise de Lavoisier s’illustre parfaitement ce qui doit évoluer dans l’approche QAI. La réponse est bien dans la transformation des règles, des politiques, des règlementations, des normes, des financements, de la R&D, de l’éducation et de l’incitation auprès des publics.

Plus que jamais la qualité de l’air doit être une convergence de compétences et d’approches : celles des scientifiques, des médecins, des institutions, des acteurs du bâtiments et de ceux qui les maintiennent.

La diminution de la pollution de l’air extérieur est aujourd’hui inscrite dans le débat politique, qu’il soit national ou international. Qu’en est-il de la QAI ?

Le second colloque Air doit en être un porte-drapeau !

 

Thierry Perlant                                                                                Danielle LANDO

Président In Situ Environnement                                             Vice-Présidente Adebiotech

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